JEUDI 21 JUILLET 2016 à 19h00
Murviel-lès-Montpellier, Église Saint-Jean-Baptiste

ENSEMBLE IRINI
Marie Pons, mezzo-contralto
Julia Azoulay, mezzo-contralto
Lila Hajosi, mezzo-soprano, Direction, Arrangements

ENSEMBLE IRINI-1©Pascal Boyer

ENSEMBLE RINI-4©Jean-Daniel Charpentier   ENSEMBLE IRINI-5©Jean-Daniel Charpentier

PROGRAMME

Shlom Lekh (Ave Maria syriaque en araméen) ● 2mn

Laude Novella (Laudario di Cortona, Italie, XIIIème siècle) ● 3mn

Mariam Matrem (Livre Vermeil de Montserrat, Espagne, XIVème siècle) ● 4mn

Axion Estin (extrait de la Liturgie de Saint-Jean Chrysostome) ● 3mn

Ave Donna Santissima (Laudario di Cortona, Italie, XIIIème siècle) ● 3mn30

O Virgo splendens (Livre Vermeil de Montserrat, Espagne XIVème siècle) ● 3mn

Fa mi cantar (Laudario di Cortona, Italie, XIIIème siècle) ● 3mn30

Basilissa tou Kosmou (psaume, chant de moniales, grec orthodoxe) ● 4mn

Miroloi de la Vierge (Chant de deuil, Asie Mineure) ● 5mn

Mana mou, (Hymne maronite du Vendredi Saint, texte de Nikos Gatsos) ● 2mn30

Imperaritz de la Ciudad Joyosa (Livre Vermeil de Montserrat, Espagne, XIVème siècle) ● 3mn30

Eh ! Kyra mou Portaitissa ! (Traditionnel, Dodécanèse.) ● 3mn

Panagia tou Kykkou (Litanie d’appel de la pluie, Chypre.) ● 5mn


Voyageant entre Moyen Âge occidental, héritage byzantin et tradition chrétienne orientale, l’Ensemble vocal Irini met en lumière les différentes figures de la Vierge et de son culte, qui trouve en Méditerranée une résonance particulière.
De la célébration presque érotique de la Jeune Fille en fleurs rappelant les rites païens antiques, à la lamentation de la Mère, femme terrestre confrontée à la mort de son unique enfant, à la louange de la Reine des cieux, Mère universelle intercédant pour l’humanité : c’est une image, à la fois une et multiple de la femme, que l’on voit se dessiner à travers les épiclèses de Marie.
Le programme présente des chants orthodoxes grecs, libanais, syriaques, chypriotes, des extraits du Livre Vermeil de Montserrat (XIVe.siècle, Espagne), et des Laudes italiennes du XIIIe. siècle.
D’une rive et d’un son à l’autre de la « Mare Nostrum », l’Ensemble Irini (dont le nom signifie « la paix » en grec), invite à la découverte de la diversité et de la richesse musicale du culte marial en Méditerranée.

Répertoire sacrée de rite byzantin.
Les chants de rite byzantins en grec (Axion Estin, Basilissa tou Kosmou) sont issus de la tradition de l’église orthodoxe se revendiquant d’une fondation au 1er siècle (pour l’église grecque) par l’Apôtre Paul. Cette église s’appuyant sur la préservation d’un patrimoine non réformé depuis le second
Concile de Nicée de 787, il est difficile de dater les chants qui en sont issus, d’autant que, si les règles qui régissent leur exécution sont assez strictes, les chantres de tradition byzantine mêlent transmission écrite et transmission oral, ce qui occasionne des mutations dans les structures musicales, notamment quant il s’agit de différencier les parties de la mélodie qui sont issues du
radical noté dans les manuscrits ou celles qui par l’oralité se sont fixées à partir d’ornements improvisés. Ce répertoire possède donc une certaine intemporalité, à la fois immémorial et maintenu vivace par le rite chrétien orthodoxe. De même les chants sacrés non liturgiques n’ont pas de datation exhaustive, ainsi Mana mou (un bel exemple de propagation d’un patrimoine traditionnel, à
partir d’un cantique anglican du XVIIIe.siècle dont la mélodie se retrouve au Liban, en Grèce, mais aussi dans « Adiu pauvre Carnaval » chant bien connu de la tradition provençale) ou la litanie chypriote appelant la pluie (héritage païen antique) Panagia tou Kykkou, Kyra mou Portaitissa (une prière festive adressée à l’Icône de la « Vierge du Portail ») ou encore le Miroloi de la Vierge (les « miroloi » sont des chants issus d’une tradition funéraire à usage cathartique qui consiste pour l’épouse, la mère, la fille, la soeur etc. d’un défunt, à composer un chant funèbre qui ne sera chanté qu’une seule et unique fois lors de la mise en bière et que l’endeuillée oublie sitôt après. Le poète
Loudoviko ton Anogeion en a réalisé des collectages importants).
L’Ave Maria syriaque en araméen, langue du Christ, Shlom Lekh ouvre le programme d’Irini et s’est imposé naturellement comme un appel à la paix, une mémoire et une conscience de ce qu’en Orient,
des dizaines de chrétiens sont tués chaque jour pour leur foi, et au delà, souffre et meurt le peuple syrien tout entier entre Charybde et Scylla, la dictature ou le fondamentalisme.
Répertoire médiéval catholique
Le laudario de Cortone
« Au milieu du XIIIème siècle, en Toscane, sous l’influence de St François d’Assise, des chants populaires se sont créés pour exalter l’Incarnation et les saints. C’est l’époque des premiers « mystères », joués par la population sur les parvis des églises, des premières « crèches », des processions des corporations d’artisans fêtant
et chantant leurs saints patrons. De cette époque, il nous reste un ensemble de manuscrits appelés le « Laudario de Cortona », ensemble de « laudes » écrites en vieux toscan, et dont la notation musicale est celle du grégorien (portée de 4 lignes, notes carrées). C’est un des plus vieux manuscrits qui nous soit parvenu de musique populaire en langue vulgaire. »
J.B. Baconnet

Ces louanges joyeuses et vives offrent un chaînon très intéressant entre l’héritage grégorien et ce qui devient peu à peu le style profane italien qui donnera les « frotole » un siècle plus tard. Si les dessins
mélodiques oscillent entre patrimoine sacré (Ave Donna santissima) et profane (Fami cantar), les textes sont clairement d’inspiration troubadour (ceux-ci fuient d’ailleurs massivement en Italie à partir de la croisade albigeoise) et la louange de la Vierge y est presque érotique (Laude novella).
Le livre Vermeil de Montserrat
« Parce que les pèlerins souhaitent chanter et danser pour rester vigilants la nuit dans l’église de la bienheureuse Marie de Montserrat, mais également à la lumière du jour. De plus, les chants ne sont autorisés dans l’église que s’ils demeurent chastes et pieux. C’est pour ces raisons plus ou moins bonnes, que ces chants ont été composés. Ils doivent donc être utilisés avec modestie, en prenant garde de ne pas perturber ceux qui sont plongés dans la prière ou dans la dévotion contemplative. » Libre Vermell

Un incontournable du répertoire médiéval, sans doute l’ouvrage le plus connu du grand public. Ces chants destinés à être livrés aux pèlerins de Montserrat, abbaye primordiale de Catalogne dans le but de leur enseigner un répertoire « chaste et pieu ». En effet, la figure du pèlerin au Moyen-Age se rapproche beaucoup plus de celle des groupes errants de « punks à chiens » du XXIe.siècle que de celle de nos actuels pèlerins. La vie est dure sur les routes et les voyages sont longs. Les éternels voyageurs que sont les pèlerins s’organisent donc en petits groupes capables de se protéger à coups de bâton des voleurs de grand chemin et dont la foi, à force de discussions et d’échanges le long des routes, loin de la société, a tendance à dévier plus ou moins fortement du Dogme, d’où la nécessité de leur fournir des chants … disciplinaires ! Cette musique couchée sur manuscrit au XIVe. Siècle est d’une étonnante modernité, notamment le O Virgo splendens qui enlève à Tallis ou à Varèse, toute primauté sur la spatialisation sonore.
D’une rive et d’un son à l’autre de la « Mare Nostrum », l’Ensemble IRINI (dont le nom signifie « la paix » en grec), invite à la découverte de la diversité et de la richesse musicale du culte marial en Méditerranée à travers les siècles.

Lila HAJOSI – Mezzo-Soprano
Direction, arrangements
Lila Hajosi démarre sa formation musicale à 17 ans au sein de l’Ecole des Ménestriers.
Elle entre en 2012 au Conservatoire d’Aix en Provence, en chant lyrique dans la classe de Laure Florentin, et a étudié le chant de façon privée auprès de Françoise Atlan, Patricia Schnell et Magali Damonte ainsi qu’auprès de Monique Zanetti. Elle intègre en 2013 la classe d’Art Dramatique d’Isabelle Lusignan et l’atelier d’Art Lyrique, avant d’entrer en 2015 dans la classe d’Art Lyrique du Conservatoire de Marseille avec Magali Damonte. Elle poursuit également un cursus de chant baroque au Conservatoire d’Aix-en-Provence avec Monique Zanetti.
Elle a reçu l’enseignement de Laurence Dale, Brigitte Balleys et Stéphanie d’Oustrac en Master-classe.
Lila est diplômée d’un Master 1 de Musicologie médiévale avec mention bien et poursuit en parallèle de ses études musicales, un Master 2 de recherche en musicologie sur la période baroque.
Elle a été soliste au festival Trobarea en 2011 et se produit s’est produit plusieurs fois en concert avec Julien Ferrando (ex Diabolus in Musica, Trio Mescolanza). Elle a récemment été demandée comme soliste au sein de l’Ensemble Cassiopée sous la direction du compositeur romain Claudio Gabriele et a chanté Céphise dans l’acte de ballet Pygmalion de Rameau, au sein de l’Académie musicale du Rouergue (dir. Anne Maugard et Martin Robidoux) et participe comme chanteuse et comédienne en 2014-2015 à la résidence Jacques Rebotier au Conservatoire d’Aix en Provence. Elle incarne en mai 2015 Louison dans Julie de Dezède, opéra-comique produit par l’Institut de Recherche sur l’âge Classique et les Lumières de Montpellier, l’Université Paul-Valéry et l’Inter-Symphonique de Montpellier dirigé par Clément Lanfranchi, mise en scène Sophie Saada, direction Patrick Taïeb. Elle a également chanté au Festival Les Art’Scènes de Nantes dans le cadre des Nuits Féeriques au Jardin des Plantes, sous la direction de Thierry Pillon, metteur en scène et comédien.
Lila a expérimenté la composition en mettant en musique le Cantique des Cantiques dans sa langue originelle, l’hébreu, selon l’esthétique de la cantilation hébraïque. C’est ainsi qu’elle collabore pour la première fois avec Julie Azoulay qui a composé pour ce même texte, en français.
Elle est également membre du choeur professionnel Hymnis dirigé par Bénédicte Pereira .
Elle crée et dirige IRINI, et en compose tous les arrangements polyphoniques (en dehors des extraits du Livre Vermeil et du manuscrit dit « de Chypre »).
Marie Pons

Marie PONS – Mezzo Contralto
Passionnée de théâtre et de musique depuis son plus jeune âge, Marie fait son entrée sur audition à la Maîtrise des Bouches du Rhône à l’âge de 8ans, où elle apprend le solfège, le travail de chœur et commence sa formation vocale, sous la direction de Samuel Coquard. Par la suite elle intègre le Jeune Chœur de la maîtrise des Bouches du Rhône. Marie aura finalement consacré 13 ans à ce chœur, y faisant de nombreux concerts, et sort fraîchement de ce cursus. Elle a pu y aborder la musique sacrée, l’Opéra, pour avoir participé de nombreuses fois à des chœurs d’enfants dans les opéras de Marseille, Avignon, ou encore Orange dans le cadre des Chorégies ( Carmen, La Bohème, Tosca, Carmina Burana, La 9e. de Beethoven….)
Elle joue en parallèle dans la compagnie de théâtre Art’Scene Lutin, sous la direction de Florence Vilain-Ernst, pendant 4 ans.
Elle assista également aux cours de théâtre donnés par M.Jean Pierre Raffaelli au conservatoire de Marseille en tant qu’auditrice libre. Après l’obtention de son baccalauréat théâtre musique et chant, Marie intègre un D.E.U.S.T suivi d’une licence d’arts du spectacle durant lesquels elle apprend les différents métiers du spectacle vivant (dont le jeu scénique et la création de costumes). Elle est comédienne et costumière pour les productions Le Montage des Attractions, mis en scène par Marie Vayssière, L’Anneau du Nibelungen, mis en scène Jérôme Rigaut, La Commune, mis en scène par Mathieu Cipriani.
Elle entre à l’Opera de Marseille en section costumes et habillage ou elle travaille depuis. Elledevient également costumière pour la metteur en scène Marie Vayssière. Marie intègre la compagnie les Int’Rues en tant que comédienne chanteuse et costumière.
Elle joua également pour la metteur en scène Elsa Bouyeron, dans une compagnie de Théâtre-Opéra: Le rôle de Manuelita dans Carmen, le rôle d’Antonia dans Les Contes d’Hoffmann.
Marie entre dans la Troupe Lyrique Méditerranéenne en mars 2014, et interprète le rôle d’Agathe dans Les Mousquetaires au Couvent, puis le rôle de Zoé dans La Nouvelle Véronique. Marie donne également des concerts de jazz ou des concerts de musique lyrique en soliste dans le cadre de l’association En Tant qu’Artiste. Elle fait partie du chœur Hymnis, dirigé par Bénédicte Pereira. Marie prend la direction de la chorale du Cabot en octobre 2014 et fait son entrée au Conservatoire de Marseille en classe d’Art Lyrique auprès de Magali Damonte.

Julie AZOULAY – Alto
Après un master de Lettres Modernes (Sorbonne-nouvelle, Paris) en 2001, elle intègre la même année l’ENSP (Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, Arles) et obtient le DNSEP (Diplôme National d’Expression Plastique) en 2006. Après de nombreux voyages en pays asiatiques et méditerranéens, la rencontre de différentes musiques de ces pays, une formation de danse en Calabre, elle explore les musiques et les danses de la région languedocienne, et choisit de se consacrer à l’art du chant dans le pays d’Arles.
Depuis l’âge de 17 ans, elle a appris l’art du chant auprès de nombreux chanteurs et pédagogues, Michel Hendricks (jazz), l’ARIAM Paris (jazz), Sylvie Vernassa (lyrique), Guillaume Lopez (chant occitan), Peire Boissière (chant occitan), Martina a Catella (techniques vocales), Jean-Yves Pénafiel (improvisation vocale), Françoise Atlan (chant judéo-espagnol), Amina Alaoui (chant arabo-andalou), David Glodsworthy (techniques vocales Roy Hart), et enfin une formation auprès de Blandine Calais Germain, du phoniatre Guy Cornut, et de Vicente Fuentes à l’Anatomie de la Voix (Anatomie pour le mouvement).
Elle crée l’Atelier de la Voix dédié à la transmission des pratiques vocales, en 2010 à Arles.
Elle chante des répertoires de chants à danser du Languedoc et d’Italie, et compose autour de textes sacrés anciens comme le Cantique des Cantiques qu’elle interprète avec les musiciens Yann Hajosi, Henri Agnel, Idriss Agnel, et la chanteuse et compositrice Lila Hajosi.
Elle accompagne au chant la danseuse contemporaine Sophie Dubs pour le duo Par les pores, spectacle d’improvisations in situ.